C'est l'un des spectacles les plus attendus, et les plus radicaux, de cette édition. Au Festival d'Avignon, l'artiste Rébecca Chaillon présente « La Parabole du seum », une œuvre décrite comme un « antidote » aux temps sombres, rapporte Franceinfo.
Une artiste habituée du choc et de l'engagement
Performeuse et autrice, Rébecca Chaillon fait un théâtre frontal, politique, où le corps est au centre. Le public d'Avignon la connaît déjà : elle y avait présenté en 2023 « Carte noire nommée désir », spectacle marquant sur le racisme et le désir, dont certaines représentations avaient été perturbées par des actes racistes. Elle revient cette année avec une proposition encore plus ample et ambitieuse.
Science-fiction, rituel et corps en marge
« La Parabole du seum » emprunte à la science-fiction et à la fable pour imaginer une communauté d'êtres tenus à l'écart par la société, et leurs stratégies de survie face à la montée des idées autoritaires. Le titre joue sur le mot « seum », cette rage sourde, ce dégoût qui monte face à ce que l'on refuse.
Sur le plateau, plusieurs interprètes forment une sorte de veillée collective, où se mêlent chant, astrologie, poésie et images d'un monde en bascule. Plutôt qu'un récit linéaire, le spectacle propose une traversée, un rituel partagé qui invite le spectateur à imaginer, le temps d'une soirée, une utopie où les corps les plus décriés retrouvent une place.
Une place forte dans la programmation
Le spectacle figure dans la programmation officielle (le « in ») du festival, selon le site du Festival d'Avignon, au Cloître des Célestins, pour une série de représentations en soirée durant la première partie de la manifestation.
Il s'inscrit dans une édition qui, sous la direction de Tiago Rodrigues, fait une large place aux créatrices et aux voix engagées. Avec « La Parabole du seum », Rébecca Chaillon confirme sa singularité : celle d'une artiste qui refuse le cynisme et oppose, à la brutalité de l'époque, la force du collectif et de l'imaginaire.



