Le gendarme des comptes publics n'a pas mâché ses mots. Dans un rapport, la Cour des comptes dresse un constat sévère sur l'état du contrôle aérien français, épinglant retards, gestion des effectifs et modernisation à la peine, rapporte Franceinfo.

Des retards devenus chroniques

Alors que le trafic aérien a retrouvé, voire dépassé, ses niveaux d'avant la pandémie, la capacité de la France à l'absorber se dégrade. La Cour des comptes souligne que le pays concentre une part très importante des retards enregistrés dans le ciel européen, largement supérieure à son poids réel dans le trafic, confirme Libération. Pour les compagnies aériennes comme pour les passagers, la facture, en argent et en temps perdu, est lourde.

Effectifs et temps de travail dans le viseur

Au cœur des critiques : la gestion des ressources humaines. La Cour pointe une organisation du travail des contrôleurs jugée rigide et peu transparente, ainsi qu'un défi démographique majeur. Une part importante des personnels opérationnels doit partir à la retraite dans la décennie à venir, alors même que la formation d'un contrôleur aérien est particulièrement longue en France. De quoi faire craindre un manque de bras difficile à combler rapidement.

À cela s'ajoutent des tensions sociales récurrentes : les grèves de contrôleurs, qui provoquent régulièrement l'annulation de nombreux vols, notamment au départ des aéroports parisiens, pèsent sur la fiabilité du système et sur son image.

Une modernisation qui patine

Autre grief : la modernisation technique. Les grands programmes lancés pour renouveler les outils informatiques de la navigation aérienne ont coûté cher et accumulé retards et dépassements, laissant subsister des infrastructures parfois vieillissantes, sources de pannes. La Cour appelle à mener enfin ces chantiers à terme.

Recruter et réformer, vite

Face à ce diagnostic, les recommandations convergent : renforcer les recrutements, assouplir l'organisation des équipes, accélérer la formation et boucler la modernisation des systèmes. L'enjeu dépasse les seules frontières françaises : un ciel national engorgé pénalise l'ensemble du trafic européen, et expose la France à des critiques croissantes de ses partenaires comme des compagnies.

À l'entrée dans la période estivale, synonyme de pic de trafic, ce rapport tombe comme un avertissement : sans réformes de fond, les étés à rallonge sur les tarmacs risquent de se répéter.