Elle croyait avoir rencontré l'amour ; elle avait affaire à un escroc. Une femme raconte comment elle a fini par virer 2 000 euros à un homme se présentant comme chirurgien en zone de guerre, rapporte Le Progrès. Un témoignage qui met en lumière un phénomène malheureusement courant.

Un scénario bien rodé

Les arnaques aux sentiments, parfois désignées sous le terme de « brouteurs », suivent un schéma récurrent. L'escroc crée un faux profil, souvent avec des photos volées, et se présente sous une identité valorisante et propice à l'empathie : militaire en mission, médecin humanitaire, cadre expatrié. La zone de guerre, l'urgence médicale, l'éloignement : autant d'éléments destinés à toucher la corde sensible.

Vient ensuite la phase de mise en confiance. Pendant des jours, parfois des semaines, l'escroc multiplie les messages tendres, tisse une relation, installe une intimité. Puis survient l'inévitable « problème » : des frais imprévus, une opération à financer, une urgence. La victime, persuadée d'aider une personne qu'elle aime, accepte d'envoyer de l'argent. Et les demandes se répètent, tant qu'elle continue de payer.

Un fléau qui progresse

Ce type d'escroquerie touche chaque année de nombreuses personnes en France, et les signalements sont en nette augmentation, alerte le dispositif public Cybermalveillance.gouv.fr. Le phénomène est probablement très sous-estimé : par honte ou par culpabilité, une grande partie des victimes ne portent jamais plainte.

Contrairement à une idée reçue, ces victimes ne sont pas particulièrement naïves. Il s'agit souvent de personnes traversant une période de solitude, dotées d'une réelle capacité d'empathie et de générosité. C'est précisément cette disponibilité affective que les escrocs cherchent à exploiter.

Les bons réflexes pour se protéger

Quelques règles simples permettent d'éviter le piège. La première, essentielle : ne jamais envoyer d'argent à une personne rencontrée uniquement en ligne, que l'on n'a jamais vue physiquement. Aucune histoire, aussi émouvante soit-elle, ne doit faire déroger à ce principe.

Méfiez-vous des profils trop parfaits et des déclarations d'amour très rapides, surtout si votre interlocuteur refuse systématiquement les appels vidéo ou les rencontres. En cas de doute, vous pouvez vérifier l'origine d'une photo grâce à une recherche d'image inversée sur internet, qui révèle souvent qu'elle a été volée ailleurs. Enfin, parlez-en autour de vous : un regard extérieur, celui d'un proche, aide à repérer ce que l'émotion peut masquer.

Que faire si vous êtes victime

Si vous vous rendez compte que vous êtes tombé dans le piège, cessez immédiatement tout contact avec l'escroc et n'envoyez plus rien. Conservez toutes les preuves : messages, coordonnées, références des virements. Ces éléments seront utiles pour la suite.

Vous pouvez alors déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie, et signaler l'escroquerie sur la plateforme officielle Cybermalveillance.gouv.fr. Pour être accompagné, des dispositifs d'aide existent, comme la plateforme Info Escroqueries. Enfin, rappelez-vous qu'être victime de ce type d'arnaque n'a rien de honteux : ces réseaux sont organisés et manipulateurs. En parler, c'est déjà se protéger, et protéger les autres.