C'est un tournant dans l'une des affaires criminelles les plus suivies de ces dernières années. Après plus de cinq ans de dénégations, Cédric Jubillar a reconnu avoir tué son épouse Delphine, puis indiqué aux enquêteurs l'endroit où il aurait dissimulé son corps. Ce jeudi 16 juillet, des fouilles ont été menées dans le Tarn, où des ossements ont été mis au jour. Leur identification reste toutefois à confirmer.

Cinq ans et demi sans corps

Delphine Aussaguel-Jubillar, infirmière et mère de deux enfants, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, près d'Albi. Son mari avait signalé son absence, disant s'être réveillé sans elle. Très vite soupçonné, il a toujours nié toute implication. Malgré des fouilles répétées et une enquête d'une ampleur considérable, le corps de la jeune femme n'a jamais été retrouvé.

En octobre 2025, la cour d'assises du Tarn a condamné Cédric Jubillar à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse, rappelle Wikipédia à partir des comptes rendus d'audience. Il avait fait appel de cette condamnation, un second procès étant attendu.

Des aveux, puis des indications aux enquêteurs

Le basculement est intervenu cet été. Dans une lettre remise à l'un de ses avocats et rendue publique le 6 juillet, l'homme a reconnu pour la première fois sa « responsabilité » dans la mort de Delphine. Entendu de nouveau par la justice, il a réitéré ces aveux et, surtout, accepté de guider les enquêteurs vers l'endroit où il aurait placé le corps, selon 20 minutes.

C'est sur la foi de ces indications que d'importants moyens ont été déployés jeudi dans une zone située à une quinzaine de kilomètres du domicile du couple. Périmètre de sécurité, engins de terrassement : les recherches ont abouti à la découverte d'ossements, à proximité de l'emplacement désigné.

Une identification qui prendra du temps

À ce stade, la prudence reste de mise. Les restes retrouvés n'ont pas encore été formellement identifiés. Un médecin légiste et un anthropologue doivent procéder à des analyses pour déterminer s'il s'agit bien de la dépouille de Delphine Jubillar, un processus qui peut demander du temps. L'examen des ossements pourrait aussi éclairer les circonstances de la mort.

Sur le plan judiciaire, ces développements pèseront lourd. Le procès en appel, initialement prévu à l'automne devant la cour d'assises de la Haute-Garonne, pourrait être réexaminé à la lumière des aveux et de cette découverte. Pour les deux enfants du couple et les proches de Delphine, la perspective de retrouver enfin le corps, après des années d'attente, représente une étape aussi douloureuse qu'espérée.