Posé en bordure d'autoroute, à l'ouest d'Aix-en-Provence, l'édifice intrigue depuis cinquante ans : seize hexagones noir et blanc, une façade d'aluminium alternant cercles et carrés. Ce bâtiment-manifeste, c'est la Fondation Vasarely, que Victor Vasarely a voulue comme une œuvre habitable. Pour ses 50 ans, elle consacre sa programmation aux utopies architecturales de son créateur.

Le père de l'op art

Né à Pécs, en Hongrie, en 1906, Victor Vasarely s'installe à Paris en 1931 comme graphiste avant de devenir, après-guerre, le père de l'op art — l'art optique. Trait d'union entre l'art cinétique et le pop art, il fait vibrer la rétine par des trames et des dégradés colorés. Très tôt, il rêve d'un art démocratique : grâce aux « multiples » reproductibles et à sa « cité polychrome du bonheur », la beauté devait devenir accessible à tous.

Une œuvre habitable

Conçu par l'artiste avec l'architecte Jean Sonnier, le centre architectonique est édifié entre 1973 et 1976 et inauguré début 1976 (date exacte À VÉRIFIER). Sa structure alvéolaire reprend l'hexagone cher à l'artiste : seize hexagones de 14 mètres, 5 000 m² éclairés par quatorze coupoles, et sept alvéoles abritant quarante-deux « intégrations » monumentales — mosaïques, émaux, tapisseries, aluminium —, détaille la Fondation.

L'utopie d'une cité du bonheur

Derrière le bâtiment, une ambition totale : la « synthèse des arts ». Pour Vasarely, la création ne devait plus se confiner aux cimaises mais s'inviter dans l'espace public, le logement, le travail. La Fondation aixoise est conçue comme la maquette grandeur nature de cette « cité polychrome du bonheur » où la couleur réenchanterait l'urbanisme.

Décennies de crise, puis renaissance

L'utopie a failli sombrer. Pendant près de trente ans, querelles familiales et batailles judiciaires ont englouti les finances et dilapidé une partie de la collection, rappelle France 3. Le redressement vient de Pierre Vasarely, petit-fils de l'artiste, qui reprend la Fondation en 2009. L'édifice est classé monument historique en 2013, puis restauré (2013-2019) pour une dizaine de millions d'euros (montant À VÉRIFIER), selon Le Moniteur. Depuis 2020, le lieu porte le label « Musée de France ».

Les 50 ans : retour vers les cités rêvées

Pour son anniversaire, la Fondation, en partenariat avec le Centre Pompidou, déploie une exposition consacrée au Vasarely architecte : dessins, maquettes et archives racontent ses projets de villes futuristes. L'occasion de mesurer combien l'utopie de Vasarely, longtemps malmenée, garde aujourd'hui sa force d'évidence (dates exactes de l'exposition À VÉRIFIER).