Le serpent de mer ferroviaire de l'est francilien refait surface. Le prolongement de la ligne 1 du métro parisien, qui doit relier l'actuel terminus de Château de Vincennes au pôle de Val-de-Fontenay, est officiellement relancé. Après un coup d'arrêt en 2022, Île-de-France Mobilités a remis le dossier sur les rails, avec une promesse adressée aux opposants : limiter au strict minimum l'emprise sur le bois de Vincennes.
Un projet sorti de l'ornière
Le parcours du projet a été chaotique. Une première enquête publique s'est tenue en 2022 ; la commission d'enquête a rendu un avis défavorable, notamment en raison des arbres menacés en lisière du bois de Vincennes. Malgré ce revers, le financement des études a été acté fin 2023 dans le cadre du contrat de plan État-Région, et les études ont repris en juin 2025.
Le coup d'envoi de la relance a été donné le 12 janvier 2026, date de la décision d'organiser une concertation préalable sous l'égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), avec trois garants désignés. Une nouvelle enquête publique est attendue avant la fin de 2026, selon la CNDP.
Trois stations pour l'est francilien
Le tracé prévoit un prolongement vers l'est sur environ cinq à six kilomètres, avec trois nouvelles stations : Les Rigollots à Fontenay-sous-Bois, Grands Pêchers à Montreuil, et le terminus Val de Fontenay. À l'arrivée, le métro doit s'arrimer à un pôle d'échanges majeur, en correspondance avec le RER A, le RER E, le futur prolongement de la ligne 15 Est et le tramway T1. Le coût du projet est estimé à environ 2,5 milliards d'euros.
Désaturer le RER A, désenclaver les quartiers
L'enjeu est double. Il s'agit d'abord de désaturer le RER A, l'une des lignes les plus fréquentées d'Europe, en offrant aux habitants de l'est de la métropole une alternative directe vers Paris et La Défense. Il s'agit ensuite de désenclaver plusieurs quartiers de Montreuil et de Fontenay-sous-Bois mal desservis, et d'accompagner le développement du pôle d'affaires de Val-de-Fontenay.
Le bois de Vincennes au cœur des arbitrages
C'est le point le plus sensible. Le secteur du bois de Vincennes concentre les inquiétudes des riverains et des associations, qui redoutent l'abattage d'arbres. Les nouvelles études portent précisément sur l'optimisation de l'insertion près du terminus existant de Château de Vincennes. Île-de-France Mobilités affiche l'objectif de limiter les impacts au strict minimum et de bâtir un projet de compensation à la hauteur des enjeux. Reste à convaincre : le débat de 2022 avait révélé une opinion partagée, entre riverains favorables à une meilleure desserte et défenseurs du massif forestier. La concertation qui s'ouvre dira si le tracé révisé suffit à désamorcer les oppositions.



