Le sort de Fibre Excellence, l'un des derniers grands producteurs français de pâte à papier, se jouera début juillet. Après des mois d'incertitude, c'est désormais le banquier d'affaires Matthieu Pigasse qui tient le dossier de reprise entre ses mains.
Un seul candidat, un calendrier serré
Le groupe est en redressement judiciaire depuis fin avril 2026 (tribunal de commerce de Toulouse). Une première et unique offre avait été déposée le 1er juin, portée par le président du groupe Jean-François Guillot et une partie de la direction. Le dossier a basculé à la mi-juin avec l'entrée en scène de Matthieu Pigasse : le financier est devenu, selon ToulÉco, le seul candidat adossé à un investisseur, l'ancien montage étant retiré au profit de son projet, rapporte L'Usine Nouvelle. Le tribunal a accordé un sursis : l'audience, initialement le 17 juin, est reportée au 6 juillet, et Pigasse a jusqu'au 2 juillet pour finaliser son projet.
670 emplois et toute une filière en jeu
Deux sites sont concernés : Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône), qui emploient ensemble 670 salariés. Une fermeture menacerait par ailleurs « plus de 10 000 emplois indirects » dans la filière bois, selon Maritima, les usines de pâte à papier étant des débouchés majeurs pour l'exploitation forestière régionale.
Mobilisation sociale et appel à l'État
La pression sociale est montée d'un cran : un rassemblement a réuni les salariés le 18 juin devant le site de Saint-Gaudens, en présence de la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. Le succès de l'opération reste conditionné à un soutien public (tarif de l'électricité, approvisionnement en bois, aides), et les régions Occitanie et PACA se sont engagées sur des apports en capital. Le besoin de financement global est évalué à environ 85 millions d'euros (montant à confirmer). Tout se jouera le 6 juillet, lorsque le tribunal examinera l'offre — d'ici là, Matthieu Pigasse doit transformer son intention en projet industriel crédible.



