Le 22 juin, des opposants au projet de centre de données (data center) de Microsoft se sont rassemblés à Mulhouse (Haut-Rhin), devant le Parc Expo où se tenait le conseil de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A). Selon Le Progrès, environ 90 personnes ont répondu à l'appel — un chiffre que les autres médias présents n'ont pas précisé. La mobilisation, lancée notamment par le collectif « IA pas moyen », visait à interpeller les élus au moment où ceux-ci se prononçaient sur le volet environnemental du projet.
Une mobilisation citoyenne et associative
Le rassemblement réunissait associations environnementales et figures locales : Alsace Nature, Alter Alsace Énergies, Paysages d'Alsace ou la Confédération paysanne. Les opposants réclament un moratoire et davantage de transparence. « On dénonce la consommation des terres, les conséquences sur l'environnement et les dégagements de chaleur », a résumé un responsable d'Alsace Nature, cité par ICI.
Le projet contesté
Microsoft prévoit un complexe de centres de données sur la commune de Petit-Landau, à l'est de Mulhouse, le long du Grand Canal d'Alsace. Le groupe annonce un investissement de l'ordre de 2 milliards d'euros, avec plusieurs bâtiments sur une emprise estimée entre 36 et 40 hectares de terres agricoles. Dédiées à l'intelligence artificielle, les installations afficheraient une consommation électrique située entre 1 500 GWh (chiffre Microsoft) et 1 750 GWh selon les opposants, soit l'équivalent d'environ 80 % de la consommation des ménages du Haut-Rhin, d'après France 3 Grand Est. (Montant de l'investissement et nombre d'emplois — estimé à 150-200 — restent à confirmer.)
Recettes contre environnement
Au-delà de l'électricité, les contestataires pointent l'artificialisation de terres nourricières, les rejets de chaleur et l'impact sur la biodiversité, jugeant le projet disproportionné au regard des emplois promis. Microsoft, de son côté, met en avant un investissement structurant et un refroidissement en circuit fermé, sans prélèvement d'eau naturelle. Le même 22 juin, M2A a rendu un avis favorable sur le volet environnemental, malgré la mobilisation. Le dossier illustre la vague d'implantations de data centers en France, dopée par l'IA, et les tensions locales qu'elle nourrit entre attractivité économique et coût environnemental. L'enquête publique court jusqu'au 3 juillet 2026 : la décision finale n'est pas encore tranchée.



