Voilà plus d'un an qu'il est privé de liberté. Le journaliste sportif français Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie, reste au cœur d'une mobilisation qui ne faiblit pas. Sa famille a de nouveau appelé le président algérien à le gracier, rapporte Franceinfo. « C'est une décision qu'il peut prendre quand il veut », a-t-elle plaidé, en référence au pouvoir de grâce du chef de l'État.

Un reporter arrêté sur le terrain

Collaborateur des magazines spécialisés dans le football, Christophe Gleizes avait été interpellé en 2024 dans la région de Tizi Ouzou, alors qu'il travaillait sur un sujet lié à un club de football de Kabylie. Ce qui devait être un reportage sportif s'est transformé en engrenage judiciaire.

Il a été condamné à sept ans de prison, une peine confirmée en appel, selon Reporters sans frontières, qui dénonce une décision d'une sévérité disproportionnée. L'accusation reposait notamment sur des contacts professionnels noués au fil de ses reportages, requalifiés par la justice algérienne en infractions touchant à la sûreté de l'État.

La grâce, dernière voie

Les recours judiciaires étant désormais épuisés, la grâce présidentielle apparaît comme la seule issue susceptible d'abréger sa détention. C'est le sens de la démarche de ses proches, qui espèrent un geste des autorités algériennes, en particulier à l'approche de dates symboliques où de telles mesures de clémence sont traditionnellement prononcées.

Les organisations de défense de la liberté de la presse, Reporters sans frontières en tête, continuent de réclamer sa libération, estimant qu'un journaliste ne devrait pas être emprisonné pour l'exercice de son métier.

Un dossier sur fond de tensions

L'affaire s'inscrit dans un contexte diplomatique tendu entre Paris et Alger, où plusieurs contentieux se sont accumulés ces derniers mois. Le sort de Christophe Gleizes est devenu l'un des symboles de cette relation heurtée, et un test de la capacité des deux pays à ménager des gestes d'apaisement.

Pour sa famille, l'urgence n'est pourtant pas diplomatique mais humaine : obtenir, le plus vite possible, le retour d'un proche dont chaque mois de détention supplémentaire pèse un peu plus.