Des dizaines de milliers de personnes dans les rues
Sous une chaleur écrasante, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Budapest pour la marche des fiertés, dans une ambiance que beaucoup de participants ont décrite comme inédite, rapporte PBS. Drapeaux arc-en-ciel, musique, familles : le cortège a traversé le centre-ville et franchi le Danube, la municipalité ayant ouvert ses fontaines le long du parcours pour faire face à la canicule.
Un tournant politique majeur
Cette édition est la première depuis la fin de seize ans de pouvoir de Viktor Orban. Le nationaliste a été battu aux élections législatives d'avril 2026 par le parti Tisza de Péter Magyar, investi Premier ministre en mai. Quelques semaines après son arrivée, la police de Budapest a autorisé la marche et en a assuré la sécurité — un contraste saisissant avec les années précédentes, où l'événement se tenait sous tension, voire sous le coup d'une interdiction.
Des lois héritées encore en vigueur
Le changement est toutefois à nuancer. Les lois anti-LGBT+ adoptées sous Orban n'ont pas encore été abrogées. La plus emblématique, de 2021, présentée comme une loi de « protection de l'enfance », interdisait la « promotion » de l'homosexualité auprès des mineurs ; en 2025, le gouvernement sortant était allé jusqu'à inscrire dans la Constitution l'interdiction des défilés de la fierté. En avril 2026, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé cette législation contraire aux valeurs fondamentales de l'UE.
« En attendant des actes »
Les organisateurs ont salué l'autorisation de la marche tout en maintenant la pression : la liberté de défiler ne vaut pas abrogation des textes. Des militants rappellent que le nouveau gouvernement, s'il a défendu la liberté de réunion, doit encore préciser ses intentions législatives sur les droits des personnes LGBT+. La Pride de ce week-end, festive et libérée, résonne comme un signal d'espoir — mais les combats juridiques, eux, ne sont pas terminés.



