Plusieurs milliers de personnes ont défilé dans le centre de Paris, dimanche 21 juin 2026, pour dénoncer le racisme et l'extrême droite. Le cortège s'est élancé en début d'après-midi de Barbès, dans le 18e arrondissement, en direction de la place de la République, avant un concert prévu en soirée à l'occasion de la Fête de la musique.

Une initiative de Bally Bagayoko

L'appel à manifester a été lancé par Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, lui-même visé par des insultes et menaces racistes après les dernières élections municipales. « Le racisme ne recule pas tout seul, les discriminations non plus », a-t-il fait valoir pour justifier la mobilisation. L'initiative a été relayée par La France insoumise et par un large arc d'organisations syndicales et associatives, parmi lesquelles la CGT, la FSU, l'Union syndicale Solidaires, la Ligue des droits de l'Homme et le MRAP, comme le rapporte franceinfo.

Dans son appel, la Ligue des droits de l'Homme invitait à « mettre un coup KO au racisme, à toutes les discriminations et à l'extrême droite », dans une France qu'elle décrit comme plurielle et solidaire.

Des chiffres de participation difficiles à établir

Comme souvent lors des défilés parisiens, le décompte des participants reste sujet à débat. Les organisateurs ont fait état de « plusieurs milliers » de manifestants, sans qu'un bilan chiffré officiel ne vienne le préciser. La forte chaleur de ce week-end caniculaire a pu peser sur l'affluence. À titre de comparaison, un précédent rassemblement organisé à Saint-Denis au printemps avait réuni plusieurs milliers de personnes, avec là aussi un écart marqué entre les estimations des organisateurs et celles des forces de l'ordre.

Sur fond de bataille juridique autour du concert

La journée s'inscrivait dans un contexte tendu. La préfecture de police avait dans un premier temps interdit le concert prévu place de la République à l'issue de la marche. Le tribunal administratif de Paris a suspendu cette interdiction, jugeant la décision insuffisamment motivée, ce qui a permis la tenue de l'événement, rapporte La Nouvelle Tribune.

La mobilisation intervient alors que plusieurs élus, en particulier issus de la diversité, dénoncent une multiplication des attaques racistes au lendemain du scrutin municipal. Les organisateurs entendent faire de la lutte contre l'extrême droite un axe de mobilisation durable, à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.