Une condamnation qui fait l'effet d'un coup de tonnerre. La militante tunisienne des droits humains Sihem Bensedrine a été condamnée à 25 ans de prison, rapporte Le Monde. Âgée de 75 ans, elle conteste les faits et a annoncé faire appel.
Une figure de la justice transitionnelle
Journaliste et militante de longue date, harcelée sous les régimes précédents, Sihem Bensedrine a présidé après la révolution de 2011 l'Instance Vérité et Dignité (IVD), chargée d'enquêter sur les violations des droits commises par l'État tunisien sur plusieurs décennies. La justice lui reproche aujourd'hui, selon les sources, des faits de falsification de documents et d'irrégularités dans la gestion de l'institution — des accusations qu'elle rejette en bloc.
Un procès dénoncé par les ONG
La défense et les grandes organisations de défense des droits humains parlent d'un procès politique. La FIDH qualifie les charges de « fabriquées » ; Human Rights Watch dénonce une condamnation « abusive ». Des vices de procédure ont été pointés (accès tardif au dossier, audiences à huis clos partiel). Des experts de l'ONU avaient, dès 2025, exprimé leurs craintes d'éventuelles représailles liées à son travail à la tête de l'IVD.
Sur fond de dérive autoritaire
L'affaire s'inscrit dans le durcissement du pouvoir du président Kaïs Saïed depuis son coup de force institutionnel de 2021 : concentration des pouvoirs, multiplication des poursuites contre opposants, journalistes et militants. À 75 ans, Sihem Bensedrine serait, si la peine était confirmée en appel, détenue jusqu'à un âge très avancé. Son sort est désormais suivi de près par la communauté internationale.



