Un rapport annuel, des propositions d'économies

Comme chaque année, l'Assurance maladie a rendu public son rapport « Charges et produits », dans lequel elle formule ses pistes pour maîtriser les dépenses de santé. Pour 2027, l'organisme propose un plan d'économies de 3,9 milliards d'euros, selon la présentation officielle et la reprise qu'en fait la presse spécialisée.

Un point mérite d'être posé d'emblée : il s'agit de propositions, soumises au conseil de la Caisse nationale (Cnam), et destinées à alimenter le débat. Leur éventuelle adoption dépendra du gouvernement et du Parlement, à l'occasion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, à l'automne.

Un déficit qui commande l'effort

Ces pistes s'inscrivent dans un contexte de comptes dégradés : le déficit de la branche maladie est estimé à environ 13,8 milliards d'euros pour 2026. D'où la recherche de leviers pour freiner une dépense qui progresse plus vite que les recettes.

Le rapport revendique de mobiliser tous les outils à la fois : meilleure pertinence des soins (éviter les actes redondants), lutte contre la fraude, régulation des prix et des tarifs, encouragement à la juste prescription des médicaments, et renforcement de la prévention.

Prévention, parcours de soins, « juste soin »

Les propositions s'organisent autour de trois axes : opérer un virage préventif, améliorer les parcours de soins des patients, et rembourser le juste soin au juste prix. C'est dans cet esprit que sont avancées des mesures parfois sensibles, touchant aux tarifs de certains secteurs très rentables ou aux modalités de remboursement.

Deux mesures « chocs » pour la prévention

Deux propositions se détachent et animeront sans doute les débats. La première vise à instaurer une « génération sans tabac », en interdisant à terme la vente de cigarettes aux personnes nées à partir de 2009. La seconde consiste à rendre le Nutri-Score obligatoire sur les produits alimentaires. Deux leviers de santé publique, présentés comme des investissements de long terme, susceptibles de générer des économies substantielles à l'horizon 2030 en réduisant les maladies évitables.

Le débat ne fait que commencer

Reste que ces annonces ne valent pas décision. Historiquement, les propositions de l'Assurance maladie sont discutées, amendées, parfois écartées lors de la construction du budget de la Sécurité sociale. Certaines — sur les remboursements de médicaments ou l'encadrement de dépenses — suscitent traditionnellement de vives réactions des professionnels, des industriels et des associations de patients.

L'automne budgétaire dira lesquelles de ces pistes seront retenues. En attendant, le rapport pose une équation devenue familière : comment préserver un système de santé solidaire tout en contenant une dépense qui, elle, ne cesse de croître. ActuBrief suivra les arbitrages à venir.