Un phénomène de plus en plus visible

Beaucoup d'internautes le constatent : les contenus relevant du masculinisme — cette nébuleuse d'influenceurs et de comptes critiquant le féminisme et promouvant une vision viriliste — apparaissent de plus en plus dans leurs fils, comme l'explique Le Progrès. Le phénomène, longtemps cantonné à des espaces de niche, a gagné les grandes plateformes, en particulier les formats vidéo courts.

Le rôle central des algorithmes

L'explication tient en grande partie aux algorithmes de recommandation. Conçus pour maximiser l'engagement (temps passé, réactions, partages), ils favorisent les contenus émotionnels, clivants, provocateurs — un registre auquel le discours masculiniste, tranchant et conçu pour faire réagir, correspond particulièrement bien. Résultat : ces contenus peuvent être proposés même à des utilisateurs qui ne les recherchaient pas, à partir de centres d'intérêt apparemment neutres (sport, argent, développement personnel).

Ce que disent les travaux

Plusieurs travaux et institutions se sont penchés sur le sujet. Un colloque du Sénat de fin 2025 a documenté la montée en puissance de ces mouvements et leur diffusion en ligne. Des associations et chercheurs alertent sur un effet d'entraînement : l'exposition répétée peut conduire, par recommandations successives, vers des contenus toujours plus radicaux. (Les chiffres précis varient selon les études et sont à interpréter avec prudence.)

Pourquoi c'est préoccupant

L'enjeu est particulièrement sensible chez les jeunes, grands usagers de ces plateformes et en pleine construction identitaire. La banalisation de discours sexistes peut influencer les représentations et les comportements, en ligne comme hors ligne, et nourrir le cybersexisme visant les adolescentes. D'où les appels croissants à une meilleure régulation des algorithmes et à une éducation au numérique.

Comprendre pour mieux résister

Ce décryptage n'a pas vocation à relayer ces thèses, mais à en expliquer le mécanisme : comprendre comment fonctionne la recommandation aide à prendre du recul. Diversifier ses sources, signaler les contenus problématiques, et discuter de ces sujets — notamment avec les plus jeunes — font partie des réponses possibles, en attendant des évolutions du côté des plateformes et des régulateurs.