L'Espagne en tête, la France et l'Allemagne en repli
L'Espagne poursuit sa performance « insolente » et relève sa prévision de croissance à 2,6 %, quand la France et l'Allemagne revoient les leurs à la baisse, rapporte BFMTV. (Selon les institutions — Commission, FMI, OCDE —, les estimations pour l'Espagne se situent plutôt autour de 2,2-2,4 %, le chiffre de 2,6 % émanant de la source ; à considérer avec cette nuance.) Dans tous les cas, l'écart avec les deux grandes économies continentales, dont la croissance reste faible, est frappant.
Les ressorts du dynamisme espagnol
Plusieurs facteurs expliquent cette vigueur : un tourisme record, un marché de l'emploi dynamique, une immigration soutenue qui alimente la demande et la main-d'œuvre, et une moindre exposition au choc énergétique que l'Allemagne, très dépendante. L'Espagne, longtemps à la traîne, s'est ainsi muée en l'un des moteurs de la zone euro.
La France et l'Allemagne pénalisées
À l'inverse, l'Allemagne, frappée par le renchérissement de l'énergie et la faiblesse de son industrie, a nettement abaissé ses perspectives. La France, elle, fait face à une croissance atone et à un contexte budgétaire et politique tendu. Pour ces deux pays, la comparaison avec Madrid est un signal d'alarme.
Un modèle à nuancer
La réussite espagnole comporte toutefois des limites : une part importante des emplois créés se concentre dans des secteurs à faible valeur ajoutée (tourisme, services), et la productivité horaire reste inférieure à la moyenne européenne. La trajectoire pourrait s'essouffler si l'élan migratoire et touristique ralentit. Reste que, pour l'heure, l'Espagne fait figure de bonne élève — de quoi nourrir la réflexion sur les leviers de croissance en France.



