Un livre fantôme

L'écrivain et voyageur Julien Blanc-Gras a eu la surprise de découvrir un ouvrage publié sous son nom — qu'il n'a jamais écrit, raconte Le Monde. Derrière cette mésaventure, une usurpation d'identité rendue possible par l'intelligence artificielle, qui permet de générer à la chaîne des textes et de les commercialiser sous le nom d'auteurs réels, relate également Télérama.

Un phénomène qui se répand

Le cas n'est pas isolé. Depuis l'essor des outils d'IA générative, des plateformes de vente en ligne voient apparaître des livres au contenu douteux, parfois signés de noms d'auteurs établis pour profiter de leur notoriété. Le procédé trompe le lecteur, nuit à la réputation des écrivains et pose la question du contrôle exercé — ou non — par les plateformes de distribution.

Des enjeux de droit et de confiance

L'affaire soulève plusieurs problèmes : atteinte au droit d'auteur et au droit à l'image, défaillance des mécanismes de vérification, difficulté à faire retirer rapidement ces contenus. Pour les auteurs, se retrouver associés à un texte qu'ils n'ont pas écrit est une atteinte directe à leur travail et à leur crédibilité. Pour le lecteur, c'est la confiance même dans ce qu'il achète qui est en jeu.

La régulation à la traîne

Comme souvent avec l'IA, la technologie avance plus vite que les garde-fous. Le témoignage de Julien Blanc-Gras agit comme une alerte : il met en lumière une zone grise où l'identité d'un créateur peut être détournée à des fins commerciales, presque sans recours immédiat. Éditeurs, plateformes et pouvoirs publics sont appelés à renforcer les contrôles — avant que ce type d'usurpation ne se banalise.