Le blanc, loi non négociable
À Wimbledon, la couleur n'a pas droit de cité — ou presque. Depuis les origines du tournoi, à la fin du XIXe siècle, les joueurs doivent se présenter vêtus de blanc, des chaussures au bandeau. C'est la règle vestimentaire la plus stricte du tennis : le règlement du All England Club n'autorise qu'un mince liseré de couleur (de l'ordre du centimètre) sur les tenues, et rien de plus.
L'origine de cette exigence remonte à l'ère victorienne : le blanc, qui laisse moins voir la transpiration, était jugé plus convenable — une question d'étiquette autant que de standing. La tradition, elle, n'a jamais été abandonnée.
Une règle qui s'assouplit à la marge
Immuable dans l'esprit, le code a toutefois connu quelques ajustements. Ces dernières années, les joueuses ont ainsi été autorisées à porter des sous-vêtements de couleur foncée sous leur tenue blanche, comme le rappellent les observateurs du tournoi — une concession au confort, notamment pour lever une source de gêne longtemps ignorée. Pour l'essentiel, néanmoins, la règle du blanc demeure intouchée, là où les autres grands tournois laissent libre cours aux tenues les plus colorées.
Dans les tribunes, l'élégance en héritage
Le raffinement ne s'arrête pas aux lignes du court. Dans les tribunes, et tout particulièrement dans la loge royale, un certain art de se vêtir se perpétue : costume et tenue soignée sont de mise pour les invités de marque. Ailleurs, sans code officiel, une élégance estivale s'impose d'elle-même — tons clairs, imprimés discrets, esprit garden-party plutôt que festival.
Wimbledon cultive ainsi une atmosphère à part, où le tennis se mêle au décorum : gazon impeccablement tondu, fraises à la crème et spectateurs sur leur trente-et-un.
Le luxe de la sobriété
À l'heure où le sport se pare volontiers de couleurs criardes et de marketing tapageur, Wimbledon assume une sobriété revendiquée. Cette discipline du blanc, loin d'être un caprice suranné, est devenue une signature : celle d'un tournoi qui fait de la retenue une forme d'élégance. Un chic à l'anglaise qui, saison après saison, continue de séduire bien au-delà des amateurs de tennis.



