Un paradoxe saisissant
De plus en plus de pays ont aboli la peine de mort, et pourtant le nombre d'exécutions dans le monde a atteint un niveau record, analyse Le Monde à partir du rapport annuel d'Amnesty International. Deux courbes inverses qui résument l'état du monde sur cette question.
Une concentration extrême
Le record d'exécutions ne reflète pas une tendance générale : il est concentré dans un très petit nombre de pays. Selon Amnesty, l'Iran à lui seul concentre une large part des exécutions recensées, suivi notamment de l'Arabie saoudite. (Les chiffres précis — totaux, hausses annuelles — sont ceux d'Amnesty ; ceux de la Chine, qui exécuterait massivement, restent secrets et donc non comptabilisés.) Une part importante des condamnations vise des infractions liées à la drogue.
La marche vers l'abolition
Sur le temps long, le mouvement reste abolitionniste : une majorité de pays ont renoncé à la peine capitale, en droit ou en pratique, notamment en Europe, en Amérique latine et ailleurs. La France l'a abolie en 1981, et l'Union européenne en fait une condition d'adhésion. L'abolition progresse donc, malgré le contre-courant des exécutions.
Un instrument de pouvoir
Pour les ONG, la hausse des exécutions dans certains États traduit un usage de la peine de mort comme outil de répression et de contrôle, au-delà de sa fonction pénale. Le contraste entre abolition majoritaire et exécutions record illustre une fracture : la plupart des pays tournent la page, une minorité l'aggrave. ActuBrief continuera de suivre ce dossier des droits humains.



