Un chantier qui s'enlise

Le tunnel ferroviaire Lyon-Turin, destiné à relier la France et l'Italie sous les Alpes sur une cinquantaine de kilomètres, avance moins vite que prévu. Comme le rapporte Le Monde, le tunnelier progresse au ralenti et les sources d'eau sont jugées fragilisées : le chantier « cumule les difficultés ».

La géologie du massif alpin, complexe et gorgée d'eau par endroits, oblige les machines à adapter en permanence leur rythme. (Les données d'avancement précises sont communiquées par le maître d'ouvrage TELT ; certaines varient selon les points de mesure.)

L'eau, au cœur des tensions

La question de l'eau cristallise l'opposition. En creusant, le tunnel peut affecter les nappes et les captages de la vallée de la Maurienne, en Savoie. Le maître d'ouvrage, TELT, assure faire de la protection de la ressource une priorité et n'avoir constaté que des incidents limités, rapidement traités.

Les associations locales, elles, alertent de longue date sur un risque d'assèchement de sources alpines et réclament davantage de transparence. Le débat oppose donc deux lectures d'un même chantier : maîtrisé pour les uns, menaçant pour les autres.

Coûts et délais qui dérapent

Sur le plan financier, l'addition grimpe. Le coût du projet a été réévalué à plus de 11 milliards d'euros, rapporte franceinfo, bien au-dessus des estimations initiales. La Cour des comptes européenne, comme la Cour des comptes française, a pointé à plusieurs reprises des surcoûts massifs et des doutes sur la pertinence économique du projet.

Côté calendrier, la mise en service du tunnel de base est désormais espérée autour de 2033, avec des experts qui jugent même cette échéance optimiste. (Les chiffres exacts de coûts et de dates sont attribués aux rapports cités et restent susceptibles d'évoluer.)

Un pari européen contesté

Financé pour moitié par l'Union européenne, le reste étant partagé entre Paris et Rome, le Lyon-Turin est présenté par ses promoteurs comme un maillon clé du report du fret de la route vers le rail, et donc de la décarbonation des transports. Ses détracteurs y voient un chantier pharaonique, coûteux et destructeur, dont les bénéfices tardent à se matérialiser.

Entre ambition d'intégration européenne et réalités du terrain, le tunnel avance — lentement — au rythme de la montagne. ActuBrief suivra les prochaines étapes du chantier.