Une facture qui s'envole

Les communes françaises paient de plus en plus cher pour se protéger contre les aléas climatiques. Selon une étude de l'Observatoire des finances et de la gestion locales (OFGL), relayée par Maire-Info, le montant des primes d'assurance des communes a augmenté de 43 % entre 2020 et 2024, pour atteindre 729 millions d'euros sur la seule année 2024.

Surtout, le mouvement s'accélère : en 2024, la hausse a été aussi forte que celle des trois exercices précédents cumulés, et 85 % des communes ont vu leur prime grimper. Autrement dit, la quasi-totalité des collectivités est désormais concernée — un signal que les assureurs ne considèrent plus le risque climatique comme exceptionnel, mais comme permanent.

Un « problème structurel »

Ce n'est pas un accident de conjoncture. Comme le souligne la presse régionale (à l'image du Dauphiné Libéré), les élus locaux parlent d'un problème structurel : la multiplication des événements extrêmes rend le risque plus fréquent, donc plus coûteux à couvrir.

Trois menaces reviennent : les inondations, premier risque naturel en France ; le retrait-gonflement des argiles, qui fissure les maisons lors des sécheresses ; et la submersion marine sur le littoral. Autant de phénomènes appelés à s'intensifier avec le dérèglement du climat.

Des territoires inégalement exposés

La vulnérabilité n'est pas la même partout. Le pourtour méditerranéen redoute les épisodes cévenols, la façade atlantique et la Manche les submersions, les zones argileuses du Centre et du Sud-Ouest les mouvements de terrain liés à la sécheresse. Pour les petites communes, une hausse brutale de prime — ou un refus d'assurance — peut déséquilibrer un budget déjà tendu.

Vers une adaptation du système

Face à cet enjeu, les pouvoirs publics cherchent à adapter le régime français d'indemnisation des catastrophes naturelles pour en garantir la pérennité, comme l'a indiqué la Direction générale du Trésor en juin. L'assureur professionnel France Assureurs anticipe d'ailleurs un quasi-doublement du coût des sinistres climatiques d'ici 2050.

L'enjeu dépasse la seule question comptable : c'est l'assurabilité même de certains territoires qui est en jeu, et donc l'égalité des Français face au risque. ActuBrief suivra les mesures annoncées et leur traduction concrète pour les communes.