Un monde qui inquiète, une Europe qui rassure
Les Européens regardent l'avenir de la planète avec inquiétude, mais continuent de faire confiance à l'Union européenne. C'est le principal enseignement du dernier Eurobaromètre du Parlement européen, rapporté par franceinfo et détaillé par le Parlement européen.
Selon cette enquête, réalisée au printemps 2026 auprès de plus de 26 000 personnes dans les 27 États membres, 58 % des sondés se disent pessimistes face à l'avenir du monde, en hausse par rapport à la vague précédente. Mais quand la question porte sur l'avenir de l'UE, seuls 37 % se disent pessimistes : une nette majorité reste confiante ou neutre.
Le paradoxe de la « maison Europe »
Ce grand écart est au cœur de l'étude. Plus l'horizon s'éloigne — la géopolitique mondiale, les guerres, l'incertitude —, plus l'angoisse grandit. Plus il se rapproche du cadre européen, plus la confiance revient. Comme le résume Toute l'Europe, l'Union est perçue comme un facteur de stabilité dans un environnement jugé menaçant.
Autrement dit, le pessimisme ambiant ne se traduit pas par un rejet de l'Europe, mais plutôt par une demande de protection.
Inflation, économie, sécurité
Les moteurs de cette morosité sont clairs. En tête des préoccupations figure l'inflation (citée par près de la moitié des sondés), devant l'économie et l'emploi, puis la défense et la sécurité. Le Parlement européen relie explicitement la hausse du pessimisme aux tensions du moment, au premier rang desquelles la guerre en Ukraine et la situation au Proche-Orient.
Le coût de la vie reste donc la préoccupation numéro un des citoyens, loin devant d'autres sujets — le climat apparaissant, cette fois, plus en retrait dans les inquiétudes exprimées.
Et la France ?
Plusieurs reprises de presse présentent la France comme l'un des pays les plus moroses de l'Union, avec une part de pessimistes supérieure à la moyenne. (Ce classement précis et les pourcentages français avancés ici ou là ne figuraient pas dans les notes officielles que nous avons pu consulter ; ils sont donc à considérer avec prudence.)
Ce rapport parfois distant à l'Europe n'empêche pas une majorité de Français d'estimer, dans les enquêtes, que le pays a bénéficié de son adhésion. Une ambivalence typiquement hexagonale.
Une confiance qui appelle à agir
Reste un message adressé aux dirigeants : les citoyens réclament une Europe plus unie et plus offensive face aux menaces, capable de « parler plus fort » sur la scène internationale. La confiance dans l'UE n'est donc pas un blanc-seing, mais une attente. ActuBrief continuera de suivre l'opinion des Européens et ses traductions politiques.



