Un homme de plateau

Tiago Rodrigues n'est pas un gestionnaire venu à la culture : c'est un metteur en scène et auteur portugais, formé sur les planches, qui a longtemps dirigé le Théâtre national Dona Maria II à Lisbonne avant de prendre la tête du Festival d'Avignon. Son théâtre, qui mêle récits intimes et enjeux collectifs, irrigue sa manière de concevoir la grand-messe théâtrale : faire dialoguer les artistes et le public autour de ce qui nous rassemble — et de ce qui nous divise.

« Quelle chance j'ai eue ! »

Dans un entretien au Monde, Rodrigues dit sa gratitude envers l'Europe et la démocratie, qui ont permis à un enfant d'un Portugal sorti tardivement de la dictature de circuler, de créer, de rêver par-delà les frontières. Une trajectoire qui nourrit sa conviction : le spectacle vivant peut transformer le regard que nous portons les uns sur les autres.

Avignon, capitale du théâtre

Né en 1947 avec Jean Vilar, le Festival d'Avignon est le plus grand rendez-vous du théâtre de langue française : un « in » dans les grands lieux patrimoniaux — au premier rang desquels la Cour d'honneur du Palais des papes — et un foisonnant « off » dans toute la ville. Chaque été, des milliers de spectateurs et de professionnels y prennent le pouls de la création contemporaine.

Un théâtre qui interroge

Sous la direction de Rodrigues, le festival assume une ligne : préférer les questions aux réponses toutes faites, donner une place aux voix venues d'ailleurs, faire du théâtre un espace de débat démocratique. Une ambition qui résonne particulièrement à une époque de tensions et de doutes — et qui fait d'Avignon, le temps d'un été, bien plus qu'une simple programmation de spectacles. (Le détail du programme de l'édition à venir est à consulter auprès du festival.)