Une formule qui résume un dilemme
« Les pays d'Europe de l'Est ont vieilli avant de s'enrichir » : la formule de l'économiste Beata Javorcik, citée par Le Monde, capte un paradoxe. Là où des économies asiatiques se sont enrichies tant qu'elles disposaient d'une population jeune, plusieurs pays d'Europe centrale et orientale affrontent le vieillissement et le déclin démographique avant d'avoir rejoint les niveaux de vie de l'Ouest.
Émigration et natalité en berne
Le phénomène tient à deux dynamiques : une fécondité durablement basse et une forte émigration, notamment de jeunes actifs partis vers l'Europe de l'Ouest depuis l'élargissement de l'UE. (Les chiffres précis — population perdue, projections — varient selon les études et sont à manier avec prudence.) Résultat : une population active qui se contracte, là où il faudrait au contraire des bras et des cotisants.
Un rattrapage compromis
Ce déséquilibre pèse sur la croissance et la convergence vers les revenus occidentaux : moins de travailleurs, des systèmes de retraite et de santé sous tension, une base fiscale qui s'érode. Le « rattrapage » entamé après 1990 risque de caler avant d'être achevé — un enjeu majeur pour l'Union européenne dans son ensemble.
Quelles réponses ?
Les pistes évoquées par les économistes sont connues mais exigeantes : élever le taux d'emploi (femmes, seniors), miser sur la productivité et l'innovation, et recourir à une immigration de travail mieux organisée. Autant de choix politiquement sensibles, qui supposent des réformes de long terme. La formule de Beata Javorcik a au moins le mérite de poser clairement l'équation à laquelle ces pays — et l'Europe — devront répondre.



