C'est une décision très attendue, aux conséquences politiques majeures. La cour d'appel de Paris a condamné Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national, mais en allégeant sa peine d'inéligibilité, ce qui lui laisse la voie ouverte pour la présidentielle de 2027, rapporte Le Parisien.

Une peine allégée par rapport à la première instance

Reconnue coupable, la présidente des députés RN a été condamnée à une peine de prison de trois ans, dont deux avec sursis, la partie ferme, un an, devant être exécutée sous bracelet électronique, et non en détention. Une amende accompagne la condamnation.

Surtout, l'élément le plus scruté, la peine d'inéligibilité, a été fortement réduite par rapport au jugement de première instance, qui l'avait fixée à cinq ans. En appel, elle est ramenée à quinze mois fermes, décomptés depuis la condamnation initiale de mars 2025.

Pourquoi elle reste candidate possible en 2027

C'est tout l'enjeu de cette réduction. Comme le souligne la RTS, la durée retenue et son point de départ font qu'à l'échéance de la présidentielle de 2027, l'inéligibilité serait, en principe, purgée. En clair, la condamnation n'empêche plus, en l'état, Marine Le Pen de se présenter, là où le jugement de première instance, assorti d'une exécution provisoire, l'en écartait.

Nuance de taille toutefois : elle pourrait devoir mener une partie de sa campagne sous surveillance électronique, une situation inédite pour une prétendante à l'Élysée.

Une décision qui n'éteint pas tout

Rien n'est encore totalement clos sur le plan judiciaire. Le parquet général conserve la possibilité de se pourvoir en cassation, ce qui prolongerait la procédure sans pour autant, à ce stade, rétablir automatiquement une inéligibilité immédiate. Plusieurs coprévenus du Rassemblement national, jugés dans la même affaire, ont par ailleurs été condamnés à diverses peines.

Une onde de choc politique

La décision a immédiatement provoqué de vives réactions dans la classe politique, entre ceux qui dénoncent une candidate condamnée et ceux qui s'inquiètent du rôle du juge dans le jeu démocratique. À droite comme à gauche, chacun mesure la portée du verdict à moins de deux ans du scrutin.

Une chose est sûre : en desserrant l'étau judiciaire sans blanchir l'intéressée, la cour d'appel rebat les cartes de la présidentielle. Le Rassemblement national conserve l'option de sa cheffe de file, tandis que la question de l'exemplarité et de la place de la justice dans la vie politique, elle, reste entière.