Une loi adoptée après un long parcours
Le Parlement a adopté définitivement une loi destinée à freiner l'essor de l'ultra fast-fashion (la mode ultra-éphémère), rapporte Le Monde. Le texte, en gestation depuis plus de deux ans, vise particulièrement les géants asiatiques de la vente en ligne comme Shein et Temu.
Ce que prévoit le texte
La loi met en place un malus financier progressif sur les produits relevant de l'ultra fast-fashion (pouvant atteindre, selon les sources, jusqu'à 20 euros par article à l'horizon 2030, dans une certaine limite du prix), ainsi qu'une interdiction de la publicité pour ces plateformes — y compris via les influenceurs — et des obligations d'affichage incitant à la sobriété et à la réparation. (Le détail exact des seuils et du calendrier est à confirmer dans le texte promulgué.) Les enseignes européennes « classiques » ne sont, elles, pas visées de la même manière.
Un compromis critiqué
Si la loi a été largement soutenue, une partie de la gauche s'est abstenue, jugeant le texte moins ambitieux que sa version initiale, et plusieurs ONG environnementales estiment qu'il cible trop étroitement Shein et Temu, laissant de côté l'empreinte globale du secteur textile — l'un des plus polluants au monde. Le débat sur la surconsommation vestimentaire, lui, reste entier.
Un point d'interrogation européen
Une incertitude demeure sur l'application de certaines mesures, en particulier l'interdiction publicitaire, au regard du droit européen : la Commission aurait émis des réserves. La France devra donc défendre son dispositif à Bruxelles. Reste que, sur le principe, le pays se dote d'un des cadres les plus volontaristes contre la mode jetable. ActuBrief suivra la promulgation et l'entrée en vigueur effective des mesures.



