Deux peintres à l'honneur
Venise consacre deux virtuoses de la peinture contemporaine, Michael Armitage et Amoako Boafo, qui peignent les corps noirs et « l'humanité en déroute », écrit Le Monde. Tous deux nés en 1984 — Armitage à Nairobi, Boafo à Accra —, ils incarnent une génération d'artistes qui a déplacé le regard de l'art contemporain vers l'Afrique et ses diasporas.
Deux gestes, une même conviction
Michael Armitage, peintre britannico-kényan, est notamment connu pour peindre sur le lubugo, un tissu d'écorce d'Afrique de l'Est dont la matière irrégulière travaille l'image — ses toiles abordent l'instabilité politique, la violence, la migration. Amoako Boafo, artiste ghanéen, s'est fait remarquer par sa technique au doigt (il étale l'huile à la main), héritière des expressionnistes viennois, pour des portraits qui célèbrent la présence et la dignité des personnes noires. (Lieux et dates précis des expositions sont à vérifier auprès des institutions vénitiennes.)
Réparer un regard
Longtemps, la peinture occidentale a occulté ou stéréotypé les corps africains. En les plaçant au centre, avec virtuosité et sans complaisance, Armitage et Boafo proposent une autre histoire de la représentation — politique autant qu'esthétique. Leur présence à Venise, capitale mondiale de l'art, a valeur de symbole.
Un basculement
Ces expositions témoignent d'un mouvement de fond : les artistes africains et de la diaspora ne sont plus des voix périphériques, mais des acteurs centraux de la scène contemporaine. Pour le public, c'est l'occasion de découvrir deux œuvres puissantes, et une réflexion sur le corps, l'identité et l'époque. ActuBrief continue de suivre les temps forts de la création contemporaine.



