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title: "Prairies grillées : les éleveurs entament en août les stocks prévus pour l'hiver"
description: "Au 20 juillet, la pousse de l'herbe accusait un déficit de 26 % par rapport à la référence 1989-2018, avec des pointes à 50 % dans l'ouest du Massif central. Faute d'herbe à pâturer, les éleveurs ouvrent en plein été les réserves constituées pour l'hiver, et certains vendent des bêtes."
category: "France"
category_url: https://actubrief.fr/rubrique/france
author: "Sarah Dubois"
published: 2026-08-01T09:20:00.000Z
updated: 2026-08-01T09:20:00.000Z
canonical: https://actubrief.fr/article/prairies-grillees-les-eleveurs-entament-en-aout-les-stocks-prevus-pour-l-hiver
tags: ["sécheresse", "élevage", "agriculture", "climat", "fourrage"]
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# Prairies grillées : les éleveurs entament en août les stocks prévus pour l'hiver

Au 20 juillet, la pousse de l'herbe accusait un déficit de 26 % par rapport à la référence 1989-2018, avec des pointes à 50 % dans l'ouest du Massif central. Faute d'herbe à pâturer, les éleveurs ouvrent en plein été les réserves constituées pour l'hiver, et certains vendent des bêtes.

Une prairie grillée, vue depuis une voiture, ce n'est qu'un champ jaune de plus dans un paysage d'été. Pour l'éleveur qui la regarde, c'est une facture qui vient de tomber, et une décision qu'il va devoir prendre avant l'automne.

## Le mécanisme, en une phrase

Voici ce qu'il faut comprendre, et c'est plus simple qu'il n'y paraît.

L'été, une vache mange dehors. L'herbe pousse toute seule, l'animal se sert, et cette alimentation ne coûte rien. Pendant ce temps, l'éleveur fauche d'autres parcelles pour constituer ses réserves : foin, enrubannage, ensilage, engrangés pour les six mois d'hiver où plus rien ne pousse.

Quand la sécheresse arrête la pousse, ce système se casse en deux endroits à la fois. Il n'y a plus d'herbe à pâturer, donc il faut nourrir le troupeau au râtelier dès juillet. Et il n'y a pas eu de deuxième coupe, donc les stocks sont déjà plus maigres que prévu.

L'éleveur ouvre alors en août des réserves calculées pour novembre. C'est ce que la profession appelle une avance de consommation, et c'est un trou qui ne se rebouche pas : le fourrage consommé en avance devra être racheté, au prix du marché, à un moment où tout le monde en cherche.

## L'ampleur, mesurée

Ce déficit n'est pas une impression. Le ministère de l'Agriculture suit la pousse des prairies via un dispositif appelé ISOP, qui la compare à une référence longue.

Au 20 juillet 2026, [la production cumulée des prairies permanentes accusait un déficit de 26 %](https://www.reussir.fr/prairies-la-pousse-de-lherbe-detruite-par-les-canicules) par rapport à la moyenne de la période 1989-2018. Ce chiffre national masque de fortes disparités : le déficit atteint jusqu'à 50 % dans l'ouest du Massif central, et il dépasse 25 % dans la moitié des régions fourragères, celles qui portent la moitié des surfaces de prairies permanentes du pays. Au nord d'une ligne allant grossièrement de Nantes à Reims, la situation est moins dégradée, et les Préalpes du Nord restent proches de la normale.

Sur le seul mois écoulé, la pousse a chuté d'environ 40 %, dans un contexte de déficits pluviométriques que les observateurs situent entre 50 et 70 % selon les secteurs. En parallèle, les arrêtés préfectoraux de restriction d'eau se sont multipliés, avec plusieurs dizaines de départements placés au niveau le plus sévère, celui de crise.

## Vendre des bêtes, la décision qu'on ne rattrape pas

Face à l'impasse, un éleveur a trois portes, et aucune n'est bonne.

Acheter du fourrage, d'abord, ce qui suppose d'avoir la trésorerie et de trouver un vendeur, à un moment où la pénurie est générale et où les prix montent.

Réduire le troupeau, ensuite. C'est la décision la plus lourde, et la profession la désigne par un mot froid : la décapitalisation. Un troupeau laitier ou allaitant se construit sur des années de sélection ; vendre vingt pour cent de ses vaches pour nourrir les autres, c'est arbitrer entre le présent et un capital reconstitué en une décennie. Les animaux partent par ailleurs au plus mauvais moment, quand beaucoup d'éleveurs vendent en même temps, donc à bas prix.

Attendre, enfin, en espérant des pluies d'automne qui permettront une repousse tardive. C'est un pari, et il se joue sur la météo de septembre.

## Ce que l'État peut faire, et ce qu'il ne fait pas encore

Plusieurs leviers existent. Le [régime des calamités agricoles et l'indemnisation de solidarité nationale](https://agriculture.gouv.fr/tout-savoir-sur-le-regime-des-calamites-agricoles) peuvent être activés par arrêté, mais ils sont conditionnés à des seuils de perte et versés avec un délai qui ne règle pas un problème de trésorerie immédiat. Des dérogations sont par ailleurs mises en place au cas par cas, notamment [pour permettre aux éleveurs en bio d'acheter du fourrage non bio](https://www.lafranceagricole.fr/prairies-et-fourrages/article/901838/une-derogation-pour-acheter-du-fourrage-non-bio) sans perdre leur certification.

Les organisations agricoles réclament davantage. [L'élevage laitier demande un plan d'urgence](https://www.reussir-agri72.fr/face-la-crise-fourragere-lelevage-laitier-reclame-un-plan-durgence), et la question du transport du fourrage entre régions excédentaires et régions déficitaires revient à chaque épisode.

## Un épisode, ou une habitude ?

C'est le point qui devrait retenir l'attention au-delà du monde agricole. Les crises fourragères se répètent désormais à un rythme qui rend le mot « exceptionnel » difficile à employer. Un système d'élevage conçu pour un climat où l'herbe pousse au printemps et en automne, avec un creux estival court, se retrouve confronté à des creux estivaux longs et à des printemps de plus en plus secs.

L'adaptation existe : espèces fourragères plus résistantes, agroforesterie, stocks de sécurité, ajustement du chargement. Elle demande du temps et de l'investissement, deux choses dont manquent précisément les exploitations qui subissent ces étés-là.

## Sources

- [« Mes prairies ressemblent à un paillasson » : les éleveurs confrontés au manque de fourrage](https://www.leparisien.fr/environnement/mes-prairies-ressemblent-a-un-paillasson-les-eleveurs-confrontes-au-manque-de-fourrage-01-08-2026-G4GGK2YN3BANZIZ7NBB7R5TKJU.php)
- [Prairies : la pousse de l'herbe « détruite » par les canicules](https://www.reussir.fr/prairies-la-pousse-de-lherbe-detruite-par-les-canicules)
- [Prairies grillées : quatre cartes pour illustrer l'intensité de la sécheresse](https://www.pleinchamp.com/actualite/prairies-grillees-4-cartes-pour-illustrer-l-intensite-de-la-secheresse)
- [Face à la crise fourragère, l'élevage laitier réclame un plan d'urgence](https://www.reussir-agri72.fr/face-la-crise-fourragere-lelevage-laitier-reclame-un-plan-durgence)
- [Une dérogation pour acheter du fourrage non bio](https://www.lafranceagricole.fr/prairies-et-fourrages/article/901838/une-derogation-pour-acheter-du-fourrage-non-bio)
- [Tout savoir sur le régime des calamités agricoles](https://agriculture.gouv.fr/tout-savoir-sur-le-regime-des-calamites-agricoles)

