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title: "Pourquoi la Chine a échappé au choc pétrolier de la guerre Iran-Israël"
description: "Malgré l'une des plus grandes perturbations pétrolières de l'histoire, le baril est resté sous les 100 dollars. La raison tient en grande partie à la stratégie de Pékin — qui en dit long sur sa résilience énergétique et sur la vulnérabilité de l'Europe."
category: "Économie"
category_url: https://actubrief.fr/rubrique/economie
author: "Hugo Mercier"
published: 2026-06-24T00:35:25.000Z
updated: 2026-06-24T00:35:25.000Z
canonical: https://actubrief.fr/article/pourquoi-la-chine-a-echappe-au-choc-petrolier-de-la-guerre-iran-israel
tags: ["Chine", "pétrole", "Iran", "détroit d'Ormuz", "énergie"]
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# Pourquoi la Chine a échappé au choc pétrolier de la guerre Iran-Israël

Malgré l'une des plus grandes perturbations pétrolières de l'histoire, le baril est resté sous les 100 dollars. La raison tient en grande partie à la stratégie de Pékin — qui en dit long sur sa résilience énergétique et sur la vulnérabilité de l'Europe.

Au début de la guerre opposant l'Iran aux États-Unis et à Israël, les marchés redoutaient l'apocalypse énergétique : plusieurs banques prédisaient un baril à plus de 200 dollars. Le scénario ne s'est pas réalisé. Le brut évoluait autour de [94 dollars début juin](https://fortune.com/2026/06/10/oil-prices-stable-china-imports-strait-of-hormuz-iran-war/), après un pic d'environ 104 dollars. Pour le premier importateur mondial de pétrole, le choc attendu n'a pas eu lieu.

## Un détroit étranglé, des prix pourtant contenus

L'accalmie est d'autant plus frappante que la perturbation physique a été massive. L'Agence internationale de l'énergie a évoqué [l'une des plus grandes perturbations de l'approvisionnement pétrolier de l'histoire](https://www.euronews.com/business/2026/04/14/iea-warns-of-historic-oil-supply-shock-as-iran-war-chokes-global-markets), le trafic dans le détroit d'Ormuz s'effondrant fortement (chiffres À VÉRIFIER). Le détroit n'a toutefois pas été totalement fermé : Téhéran a continué d'y laisser transiter une partie de son brut, en particulier vers la Chine.

## Le rôle d'amortisseur de Pékin

Ce qui a absorbé le choc, c'est en grande partie la Chine. Plutôt que de se ruer sur un marché tendu, Pékin a **réduit ses importations**, d'environ 11 à près de 7,8 millions de barils par jour en mai selon des analystes de J.P. Morgan, [rapporte Fortune](https://fortune.com/2026/06/10/oil-prices-stable-china-imports-strait-of-hormuz-iran-war/) (À VÉRIFIER). Pékin peut se le permettre grâce à des **stocks considérables** : réserves stratégiques et commerciales combinées atteindraient 1,3 à 1,4 milliard de barils, soit environ quatre mois d'importations, [selon Bruegel](https://www.bruegel.org/analysis/what-war-iran-means-china) (À VÉRIFIER). De quoi puiser dans ses cuves au lieu d'acheter au prix fort.

## Diversification, brut décoté et demande molle

Trois autres facteurs jouent : la **diversification** (l'Iran ne fournissait qu'environ 13 % du brut chinois, écoulé via des raffineries privées contournant les sanctions) ; les **achats de brut russe et iranien décoté**, que Pékin acquiert à bon compte ; et une **demande intérieure molle**, qui limite l'appétit énergétique du pays. Cette posture éclaire aussi le jeu diplomatique : premier client de l'Iran, la Chine ménage Téhéran sans s'engager militairement.

## L'Europe, maillon faible

Le contraste avec l'Europe est saisissant. Moins exposée à Ormuz pour le pétrole, l'Union européenne l'est davantage sur le **gaz naturel liquéfié**, qu'elle doit disputer aux acheteurs asiatiques sur le marché spot — le prix de référence européen aurait nettement grimpé au plus fort de la crise (À VÉRIFIER). Faute de réserves stratégiques comparables à celles de Pékin et plus dépendante des importations maritimes, l'Europe — et la France avec elle — reste bien plus exposée à un emballement durable des prix. Là où la Chine a pu jouer l'amortisseur, l'Union risque d'en payer la facture.
