---
title: "« Août », « yaourt », « gageure » : ces mots français dont la prononciation flotte"
description: "Dites-vous « aoû » ou « out » ? « Ananas » avec ou sans s ? La langue française regorge de mots dont la prononciation hésite entre plusieurs usages, souvent tous légitimes. Petite promenade sonore au cœur de ces flottements."
category: "Culture"
category_url: https://actubrief.fr/rubrique/culture
author: "Sarah Dubois"
published: 2026-06-28T04:43:17.000Z
updated: 2026-06-28T04:43:17.000Z
canonical: https://actubrief.fr/article/mots-francais-prononciation-variable
tags: ["langue française", "prononciation", "linguistique", "culture"]
---
# « Août », « yaourt », « gageure » : ces mots français dont la prononciation flotte

Dites-vous « aoû » ou « out » ? « Ananas » avec ou sans s ? La langue française regorge de mots dont la prononciation hésite entre plusieurs usages, souvent tous légitimes. Petite promenade sonore au cœur de ces flottements.

## Tout le monde a raison (ou presque)

Vous avez peut-être déjà provoqué un silence en disant « ananas » avec un s bien sonore — ou, à l'inverse, en l'avalant. Bonne nouvelle : dans bien des cas, les deux se valent. Le français est une langue vivante, et certains mots résistent depuis des siècles à toute prononciation unanime.

## Le mois d'« août » qui se dérobe

Le huitième mois se prononce officiellement [u], comme « ou », sans t ni a, selon le [CNRTL](https://www.cnrtl.fr/definition/ao%C3%BBt). La variante « out » est attestée mais jugée vieillie ; quant au « a » initial, il a cessé d'être prononcé dès le XVIᵉ siècle. Aujourd'hui, « out » se comprend très bien — mais fait parfois lever un sourcil.

## « Gageure », le piège

La prononciation correcte de *gageure* est [gaʒyʀ], sur le modèle de « gage » + « -ure » (comme *blessure*). Pourtant, beaucoup disent [gaʒœʀ], comme si le mot contenait « heure ». Le [CNRTL](https://www.cnrtl.fr/definition/gageure) note que cette variante, longtemps réprouvée, était déjà pratiquée par environ la moitié des locuteurs interrogés dans les années 1970. Une « faute » devenue majoritaire : la langue n'en fait qu'à sa tête.

## « Vingt », « ananas », « yaourt »

Le chiffre **vingt** illustre la subtilité des consonnes françaises : le t est muet seul ou devant consonne, mais réapparaît par liaison (« vingt arbres ») et dans les nombres composés ; le g, lui, est purement étymologique et ne s'est jamais prononcé, [précise le CNRTL](https://www.cnrtl.fr/definition/vingt). Pour **ananas**, les dictionnaires admettent aujourd'hui [-na] comme [-nas]. Et **yaourt** cohabite avec *yogourt*, héritage d'une longue valse orthographique (yoghourt, yohourt…), chaque graphie ayant sa prononciation.

## Pourquoi ces hésitations ?

Les linguistes y voient plusieurs forces : l'**évolution naturelle** de la langue, les **variations régionales** (Marseille, Bruxelles ou Montréal n'articulent pas tout à fait pareil), et l'influence de l'**écrit** — plus on lit, plus on tend à prononcer les lettres, faisant resurgir des s et des t autrefois muets. Les dictionnaires de référence indiquent des prononciations recommandées, mais reconnaissent de plus en plus les variantes. Car une langue qui refuserait ses propres hésitations perdrait un peu de ce qui la rend vivante : la trace de celles et ceux qui la parlent.
