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title: "Mondial 2026 : le bilan carbone le plus lourd de l'histoire de la Coupe du monde"
description: "Élargie à 48 équipes et 104 matchs répartis sur trois pays, la Coupe du monde 2026 pourrait devenir l'événement sportif le plus polluant jamais organisé. Des ONG avancent jusqu'à 9 millions de tonnes de CO2, quand la FIFA continue de vanter un héritage « positif »."
category: "Sciences & Tech"
category_url: https://actubrief.fr/rubrique/sciences
author: "Antoine Bernard"
published: 2026-06-22T05:41:00.000Z
updated: 2026-06-22T05:41:00.000Z
canonical: https://actubrief.fr/article/mondial-2026-le-bilan-carbone-le-plus-lourd-de-l-histoire-de-la-coupe-du-monde
tags: ["Coupe du monde 2026", "climat", "FIFA", "empreinte carbone", "aviation"]
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# Mondial 2026 : le bilan carbone le plus lourd de l'histoire de la Coupe du monde

Élargie à 48 équipes et 104 matchs répartis sur trois pays, la Coupe du monde 2026 pourrait devenir l'événement sportif le plus polluant jamais organisé. Des ONG avancent jusqu'à 9 millions de tonnes de CO2, quand la FIFA continue de vanter un héritage « positif ».

La Coupe du monde de football, qui se tient cet été aux États-Unis, au Canada et au Mexique, s'annonce comme la plus polluante de l'histoire. C'est le constat d'un rapport intitulé *FIFA's Climate Blind Spot*, publié par plusieurs organisations indépendantes, qui chiffre les émissions du tournoi à [environ 9 millions de tonnes de CO2 équivalent](https://www.sgr.org.uk/publications/fifa-s-climate-blind-spot-men-s-world-cup-warming-world) — près du double de la moyenne des éditions disputées entre 2010 et 2022.

## Un format élargi qui démultiplie les distances

La cause principale tient à la nouvelle dimension de l'épreuve. Pour la première fois, le Mondial réunit 48 équipes au lieu de 32, et passe de 64 à 104 matchs, répartis dans 16 villes-hôtes dispersées sur un continent immense, de Vancouver à Mexico en passant par Miami et New York.

Cette géographie éclatée impose des déplacements aériens massifs. Selon le rapport, signé notamment par [Scientists for Global Responsibility et le réseau Cool Down](https://www.euronews.com/2026/06/05/the-dark-side-of-the-2026-world-cup-more-flights-more-emissions-more-climate-crisis), l'aviation représente à elle seule plus de 7,7 millions de tonnes de CO2, soit des émissions très supérieures à celles des tournois précédents.

## Le voyage des supporters, principal coupable

L'idée que les stades constitueraient le cœur du problème est trompeuse. Une analyse indépendante de la plateforme de comptabilité carbone [Greenly](https://greenly.earth/en-gb/leaf-media/data-stories/fifa-world-cup-2026whats-the-real-carbon-footprint) évalue le total à 7,8 millions de tonnes de CO2 équivalent, dont près de 88 % proviennent des déplacements des spectateurs. Un supporter international parcourrait en moyenne près de 19 400 km aller-retour pour assister au Mondial 2026, contre environ 13 000 km pour l'édition qatarie de 2022. Paradoxalement, les stades nord-américains déjà existants et des hébergements plus sobres réduisent l'empreinte des infrastructures par rapport au Qatar.

## Un écart béant avec les promesses de la FIFA

Les estimations indépendantes sont nettement plus élevées que les chiffres officiels : l'évaluation initiale du dossier de candidature tablait sur 3,7 millions de tonnes, moins de la moitié des projections actuelles. La FIFA, elle, met en avant des stades aux normes durables, le recours aux transports en commun et la réduction des déchets, promettant un héritage « positif » pour les villes-hôtes.

Les auteurs du rapport pointent un « angle mort » : la réduction réelle des émissions ne viendra pas de stades plus efficaces, mais de décisions sur la provenance des supporters et leur mode de transport. Ils rappellent que la neutralité carbone revendiquée pour le Qatar 2022 avait été jugée non fondée par le régulateur publicitaire suisse en 2023, un précédent qui alimente les soupçons de *greenwashing*. Le partenariat de la FIFA avec le géant pétrolier saoudien Aramco vient renforcer ce malaise.

Les chiffres restent des estimations, présentées par leurs auteurs comme des ordres de grandeur. Mais tous convergent vers un même constat : un Mondial pensé pour grandir, sans repenser sa trajectoire climatique.

## Sources

- [FIFA's Climate Blind Spot: The Men's World Cup in a Warming World](https://www.sgr.org.uk/publications/fifa-s-climate-blind-spot-men-s-world-cup-warming-world)
- [The dark side of the 2026 World Cup: more flights, more emissions](https://www.euronews.com/2026/06/05/the-dark-side-of-the-2026-world-cup-more-flights-more-emissions-more-climate-crisis)
- [FIFA World Cup 2026: What's the Real Carbon Footprint?](https://greenly.earth/en-gb/leaf-media/data-stories/fifa-world-cup-2026whats-the-real-carbon-footprint)

