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title: "Médicaments : quand des prix jugés trop bas poussent les laboratoires à arrêter"
description: "En France, des industriels renoncent à commercialiser certains médicaments anciens qu'ils jugent insuffisamment rémunérateurs. Le syndicat LEEM met en cause des prix parmi les plus bas d'Europe, tandis que l'ANSM constate des ruptures de plus en plus longues. Décryptage d'un débat où il faut distinguer les faits des arguments d'industriels."
category: "France"
category_url: https://actubrief.fr/rubrique/france
author: "Philippe Garnier"
published: 2026-06-22T10:38:00.000Z
updated: 2026-06-22T10:38:00.000Z
canonical: https://actubrief.fr/article/medicaments-quand-des-prix-juges-trop-bas-poussent-les-laboratoires-a-arreter
tags: ["santé", "médicaments", "pénuries", "industrie pharmaceutique", "ANSM", "LEEM"]
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# Médicaments : quand des prix jugés trop bas poussent les laboratoires à arrêter

En France, des industriels renoncent à commercialiser certains médicaments anciens qu'ils jugent insuffisamment rémunérateurs. Le syndicat LEEM met en cause des prix parmi les plus bas d'Europe, tandis que l'ANSM constate des ruptures de plus en plus longues. Décryptage d'un débat où il faut distinguer les faits des arguments d'industriels.

Depuis plusieurs années, la France connaît des tensions persistantes sur l'approvisionnement en médicaments. Une partie du problème tient à des décisions industrielles : certains laboratoires cessent de commercialiser des molécules anciennes ou s'en retirent, jugeant leur prix de vente trop faible pour rentabiliser une production en Europe.

## Des ruptures de plus en plus longues

L'[Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM)](https://ansm.sante.fr/page/medicaments-ayant-fait-lobjet-dun-signalement-de-rupture-ou-de-risque-de-rupture-de-stock) documente l'ampleur des tensions. Au-delà du nombre de signalements, c'est la **durée** des ruptures qui inquiète : elle aurait plus que doublé depuis 2022, dépassant désormais plusieurs mois en moyenne. Les classes les plus touchées seraient les médicaments cardiovasculaires et du système nerveux, devant les anti-infectieux.

## Comment les prix sont fixés — et pourquoi ils baissent

En France, le prix des médicaments remboursés est négocié par le **Comité économique des produits de santé (CEPS)**, en tenant compte notamment du service médical rendu et des prix pratiqués à l'étranger. Sur les molécules matures, la logique d'économies pour l'Assurance maladie s'est traduite par des baisses tarifaires répétées. L'argument central des industriels : à ces niveaux, produire en Europe ne serait plus soutenable, ce qui pousserait à délocaliser et à concentrer la fabrication chez peu de fournisseurs — fragilisant les chaînes d'approvisionnement. C'est l'analyse défendue par plusieurs économistes de la santé, qui relèvent que « les firmes cherchent à réduire les coûts de fabrication des molécules anciennes en délocalisant », [rapporte The Conversation](https://theconversation.com/medicaments-comprendre-pourquoi-penuries-et-prix-sont-lies-231198).

## La position des industriels

Le **LEEM**, syndicat des entreprises du médicament, met directement en cause le niveau des prix français. Sur la base d'une étude, il avance que de nombreuses molécules essentielles ont un prix public unitaire inférieur à un euro, et que les prix fabricant français seraient [sensiblement plus bas](https://www.revuepharma.fr/2024/04/penuries-les-prix-trop-faibles-des-medicament-essentiels-mis-en-cause-par-le-leem/) que chez nos voisins européens. Ces chiffres émanent des industriels et constituent une prise de position, non un constat des autorités. Le LEEM cite aussi l'inflation des coûts de production, la fiscalité sectorielle et les obligations de stockage.

## Ce que disent et font les pouvoirs publics

Du côté de l'État, la loi de financement de la Sécurité sociale a prévu de prendre en compte l'implantation des sites de production en France dans la fixation des prix des médicaments en tension. Mais l'application concrète resterait incomplète, selon les acteurs du secteur. Le débat reste tendu : le gouvernement a affiché des objectifs d'économies sur le poste médicament, que l'industrie refuse en pointant le risque sur l'approvisionnement.

## Conséquences pour les patients

Pour les patients, l'effet est concret : des ruptures plus longues, des changements de traitement, des reports vers des alternatives parfois moins adaptées, et une pression accrue sur les pharmacies. Toute la difficulté pour les autorités est d'arbitrer entre maîtrise des dépenses publiques et sécurité d'approvisionnement, sans céder mécaniquement à toutes les demandes de revalorisation des industriels.

## Sources

- [Médicaments en rupture ou en risque de rupture de stock](https://ansm.sante.fr/page/medicaments-ayant-fait-lobjet-dun-signalement-de-rupture-ou-de-risque-de-rupture-de-stock)
- [Pénuries : les prix trop faibles des médicaments essentiels mis en cause par le Leem](https://www.revuepharma.fr/2024/04/penuries-les-prix-trop-faibles-des-medicament-essentiels-mis-en-cause-par-le-leem/)
- [Médicaments : comprendre pourquoi pénuries et prix sont liés](https://theconversation.com/medicaments-comprendre-pourquoi-penuries-et-prix-sont-lies-231198)

