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title: "Congés payés : trente-six jours en France, zéro aux États-Unis"
description: "La France garantit cinq semaines minimum, l'Autriche fait mieux, l'Allemagne fait moins bien dans la loi et mieux dans les faits, et les États-Unis n'imposent rien du tout. En pleine saison des départs, un rappel de ce que recouvre un droit que 1936 n'a pas inventé de rien."
category: "Économie"
category_url: https://actubrief.fr/rubrique/economie
author: "Camille Laurent"
published: 2026-08-02T06:20:00.000Z
updated: 2026-08-02T06:20:00.000Z
canonical: https://actubrief.fr/article/conges-payes-trente-six-jours-en-france-zero-aux-etats-unis
tags: ["travail", "congés payés", "droit social", "comparaison internationale"]
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# Congés payés : trente-six jours en France, zéro aux États-Unis

La France garantit cinq semaines minimum, l'Autriche fait mieux, l'Allemagne fait moins bien dans la loi et mieux dans les faits, et les États-Unis n'imposent rien du tout. En pleine saison des départs, un rappel de ce que recouvre un droit que 1936 n'a pas inventé de rien.

Il y a, dans l'imaginaire français, une image fondatrice : l'été 1936, les premiers trains de congés payés, la mer découverte par des gens qui ne l'avaient jamais vue. L'image est juste, mais elle raconte une histoire plus ancienne et plus internationale qu'on ne le croit.

## 1936 n'est pas le début

La France a en réalité inventé le congé payé bien avant le Front populaire, mais pour une population très restreinte : [un décret de Napoléon III, en 1853, en accorde aux fonctionnaires](https://fr.wikipedia.org/wiki/Cong%C3%A9_pay%C3%A9). Le principe existe donc, réservé aux serviteurs de l'État.

Ailleurs en Europe, le mouvement s'amorce à peu près à la même époque. L'Angleterre adopte en 1871 un *Bank Holiday Act* qui octroie quatre jours aux employés de banque. L'Allemagne suit en 1905, l'Autriche-Hongrie en 1910.

Ce que fait la loi de 1936, sous le Front populaire, c'est autre chose : elle généralise. Deux semaines, pour les salariés, par la loi. Le basculement n'est pas dans l'invention du droit mais dans son extension au plus grand nombre, et c'est ce qui en fait un événement social autant que juridique.

## Où en est la France aujourd'hui

Le régime français actuel s'établit à **trente-six jours**, correspondant à un minimum légal de cinq semaines.

Ce chiffre appelle une précision qui explique bien des malentendus au bureau. Le droit français compte traditionnellement en **jours ouvrables**, c'est-à-dire tous les jours de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés, soit six jours par semaine. Cinq semaines font donc trente jours ouvrables, et poser une semaine consomme six jours et non cinq. Certaines entreprises comptent en jours ouvrés, sur cinq jours, avec un total ajusté en conséquence. Les deux systèmes aboutissent au même repos réel, mais pas au même décompte sur le bulletin.

## Le classement européen, et ses surprises

La comparaison internationale réserve quelques enseignements.

L'**Autriche** dépasse la France, avec quarante jours au total. L'**Allemagne**, elle, illustre le décalage entre la loi et la pratique : son minimum légal se situe entre vingt et vingt-quatre jours, mais les conventions collectives portent couramment le total à trente. La **Suisse** suit le même schéma, avec vingt jours garantis par la loi et fréquemment vingt-cinq dans les faits.

C'est une donnée qu'on oublie souvent en comparant les pays : dans une bonne partie de l'Europe, l'essentiel des congés ne vient pas de la loi mais de la négociation collective. Comparer les seuls minima légaux donne une image faussée.

## L'exception américaine

De l'autre côté de l'Atlantique, le tableau change de nature.

Les **États-Unis n'imposent aucun congé payé au niveau fédéral**. Il n'existe pas de minimum légal national : tout relève du contrat, de l'usage de l'entreprise ou de l'État. Conséquence directe, environ un quart des salariés américains ne bénéficient d'aucun congé payé.

Au **Canada**, le Québec fonctionne sur une logique différente, en pourcentage : l'employeur verse au minimum 4 % du salaire au titre des congés, ce qui correspond à deux semaines pour cinquante semaines travaillées.

Ces écarts ne disent pas seulement combien de jours on se repose. Ils disent quelle place chaque société accorde à la loi, au contrat individuel et à la négociation collective pour organiser le temps de travail.

## Le paradoxe français

Reste une question qui revient chaque été dans la presse : les Français utilisent-ils réellement tous leurs jours ?

Plusieurs enquêtes suggèrent qu'une proportion importante de salariés en laisse une partie non prise. **Nous ne sommes pas en mesure de vérifier les chiffres qui circulent actuellement à ce sujet, et nous préférons ne pas les reprendre.** Ce que l'on peut dire, c'est que les causes habituellement avancées sont connues : charge de travail, difficulté à faire coïncider les dates avec celles des collègues ou du conjoint, et jours acquis tardivement dans l'année.

Une chose est certaine juridiquement : les congés payés ne sont pas une faveur mais un droit, et ils ne se monnayent pas en principe contre un salaire. Un salarié qui ne les prend pas ne fait donc pas une bonne affaire, il perd du repos.

Quatre-vingt-dix ans après 1936, la question a changé de nature. Elle n'est plus d'obtenir des congés, elle est de réussir à les prendre.

## Sources

- [Congé payé : histoire, régimes nationaux et comparaisons](https://fr.wikipedia.org/wiki/Cong%C3%A9_pay%C3%A9)

