---
title: "« Bone smashing » : pourquoi des adolescents se frappent volontairement le visage"
description: "Inspirés par des vidéos virales prônant un visage « parfait », certains jeunes hommes se cognent les pommettes ou la mâchoire, parfois avec un objet. Derrière ce geste spectaculaire, les spécialistes voient surtout une souffrance liée à l'image de soi. Décryptage et repères pour les parents."
category: "Sciences & Tech"
category_url: https://actubrief.fr/rubrique/sciences
author: "Antoine Bernard"
published: 2026-06-23T05:04:32.000Z
updated: 2026-06-23T05:04:32.000Z
canonical: https://actubrief.fr/article/bone-smashing-pourquoi-des-adolescents-se-frappent-volontairement-le-visage
tags: ["santé mentale", "adolescents", "réseaux sociaux", "looksmaxxing", "dysmorphophobie", "prévention"]
---
# « Bone smashing » : pourquoi des adolescents se frappent volontairement le visage

Inspirés par des vidéos virales prônant un visage « parfait », certains jeunes hommes se cognent les pommettes ou la mâchoire, parfois avec un objet. Derrière ce geste spectaculaire, les spécialistes voient surtout une souffrance liée à l'image de soi. Décryptage et repères pour les parents.

Depuis plusieurs mois, des médias régionaux et spécialisés s'inquiètent d'un phénomène qui touche surtout des garçons adolescents : se frapper volontairement le visage, parfois à l'aide d'un objet dur, dans l'espoir de « remodeler » ses traits. Ce geste porte un nom emprunté à l'anglais, le « bone smashing », et s'inscrit dans une tendance plus large appelée « looksmaxxing ».

## De quoi s'agit-il exactement ?

Le « looksmaxxing » désigne l'obsession d'« optimiser » son apparence pour se rapprocher d'un idéal physique masculin. Le « bone smashing » en est une dérive : il consiste à se cogner certaines zones du visage en croyant provoquer des changements osseux. Selon les spécialistes cités par le [Baylor College of Medicine](https://blogs.bcm.edu/2026/06/04/how-looksmaxxing-breeds-body-dysmorphia/), aucun bénéfice n'est démontré ; en revanche, les risques sont réels : fractures, lésions nerveuses, atteintes dentaires.

Il ne s'agit donc pas d'un « défi » anodin. Les spécialistes distinguent toutefois ce comportement de l'automutilation classique, dont la fonction est généralement d'apaiser une détresse émotionnelle. Ici, le geste est présenté comme « esthétique ». Dans les deux cas, il signale un mal-être qui mérite attention.

## Ce qu'en disent les spécialistes

Ces contenus circulent dans la « manosphère », ces espaces en ligne diffusant des discours masculinistes auprès de jeunes hommes, [comme l'a documenté la presse s'appuyant sur des chercheurs](https://www.20min.ch/fr/story/sur-les-reseaux-ils-se-refont-le-visage-a-coups-de-marteau-103325961). De faux comptes d'adolescents y sont rapidement exposés à ce type de vidéos.

Sur le plan psychologique, la tendance peut renforcer une vulnérabilité préexistante. Le trouble de dysmorphie corporelle (dysmorphophobie) — une préoccupation excessive pour un défaut physique souvent imperceptible — apparaît fréquemment à l'adolescence et concernerait 2 à 3 % de la population. Les chercheurs alertent aussi sur l'effet des algorithmes : selon [The Conversation](https://theconversation.com/tiktok-et-la-sante-mentale-des-adolescents-les-alertes-de-la-recherche-256833), les profils vulnérables reçoivent davantage de contenus liés au mal-être. L'ampleur précise du phénomène en France reste toutefois mal documentée et repose surtout sur des signalements (À VÉRIFIER).

## Signaux d'alerte pour les parents

Plusieurs indices doivent attirer l'attention : une obsession soudaine pour l'apparence, des changements alimentaires extrêmes, un repli social, l'adhésion à des discours dévalorisant les autres. Des marques inexpliquées sur le visage doivent évidemment alerter.

## Que faire et où trouver de l'aide ?

Les professionnels recommandent d'éviter la moquerie ou la confrontation frontale, qui braquent. Mieux vaut écouter avec bienveillance, s'intéresser aux motivations du jeune et l'aider à diversifier ses modèles, en valorisant les amitiés, les centres d'intérêt et les compétences plutôt que la seule apparence. La thérapie cognitivo-comportementale est efficace contre la dysmorphophobie.

En cas de doute, le médecin traitant, un psychologue ou un Centre médico-psychologique (CMP) peuvent orienter. Des lignes d'écoute existent aussi :

- **Fil Santé Jeunes** : 0 800 235 236, anonyme et gratuit, pour les 12-25 ans et leurs proches.
- **3114**, le [numéro national de prévention du suicide](https://3114.fr/), gratuit et confidentiel, joignable 24h/24, en cas de souffrance intense ou d'idées suicidaires.
- En cas d'urgence vitale, composez le **15** ou le **112**.

Parler n'aggrave jamais la situation : c'est souvent le premier pas vers un mieux.
