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title: "Mali : un an après Wagner, les paramilitaires russes d'Africa Corps accusés des mêmes exactions"
description: "Depuis le retrait officiel de Wagner en juin 2025, ses successeurs d'Africa Corps, placés sous la tutelle du ministère russe de la Défense, sont accusés de poursuivre les exactions contre des civils maliens. Human Rights Watch documente exécutions sommaires et disparitions forcées, dans un silence officiel total."
category: "International"
category_url: https://actubrief.fr/rubrique/monde
author: "Antoine Bernard"
published: 2026-06-27T09:46:41.000Z
updated: 2026-06-27T09:46:41.000Z
canonical: https://actubrief.fr/article/africa-corps-mali-exactions-wagner
tags: ["Mali", "Africa Corps", "Wagner", "Sahel", "droits humains", "Russie"]
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# Mali : un an après Wagner, les paramilitaires russes d'Africa Corps accusés des mêmes exactions

Depuis le retrait officiel de Wagner en juin 2025, ses successeurs d'Africa Corps, placés sous la tutelle du ministère russe de la Défense, sont accusés de poursuivre les exactions contre des civils maliens. Human Rights Watch documente exécutions sommaires et disparitions forcées, dans un silence officiel total.

## D'un groupe à l'autre, la même main

Depuis la mort du fondateur de Wagner, Evgueni Prigojine, en 2023, le Kremlin a repris en main ses paramilitaires africains. Africa Corps est né de cette restructuration : une entité placée sous l'autorité directe du ministère russe de la Défense, là où Wagner opérait dans une zone grise. Selon [Al Jazeera](https://www.aljazeera.com/news/2025/6/16/wagner-vs-africa-corps-the-future-of-russian-paramilitaries-in-mali) et la [RAND Corporation](https://www.rand.org/pubs/commentary/2025/06/the-wagner-group-is-leaving-mali-but-russian-mercenaries.html), une large majorité de ses combattants sont d'anciens éléments de Wagner. Le 6 juin 2025, Wagner annonçait son retrait du Mali après trois ans et demi d'opérations ; Africa Corps a pris le relais sans interruption.

## Les accusations : exécutions, disparitions, villages brûlés

Depuis le début de 2025, [Human Rights Watch](https://www.hrw.org/news/2025/07/22/mali-army-wagner-group-disappear-execute-fulani-civilians) a documenté plusieurs exécutions sommaires et dizaines de disparitions forcées d'hommes peuls, commises conjointement par l'armée malienne et des combattants russes dans le centre et l'ouest du pays. L'organisation rapporte des arrestations sur des marchés, des hommes accusés sans preuve de collaborer avec les groupes jihadistes, puis « jamais revus », et la découverte de corps dans des fosses communes. Des villages auraient été incendiés. Ces accusations sont à manier avec la prudence d'usage, mais elles s'accumulent et convergent.

## Le terreau : après Barkhane, le vide sécuritaire

Pour comprendre l'implantation russe, il faut revenir à 2021-2022. La junte du colonel Assimi Goïta, arrivée au pouvoir par deux coups d'État, a chassé les forces françaises de l'opération Barkhane, achevée en 2022. Le vide laissé a été comblé, à la demande de Bamako, par Wagner puis Africa Corps, avec la promesse d'éradiquer les groupes jihadistes sans les conditions politiques imposées par l'Occident. Le résultat est contesté : la violence contre les civils a augmenté, sans que la menace jihadiste recule réellement.

## Impunité et silence officiel

Devant l'accumulation des accusations, les autorités maliennes n'ont fourni aucune réponse, et aucune enquête officielle n'a été ouverte sur les faits documentés, [selon HRW](https://www.hrw.org/world-report/2026/country-chapters/mali). Le Mali a par ailleurs quitté la Cédéao et engagé son retrait de la Cour pénale internationale, réduisant d'autant les recours pour les victimes. Dans le Sahel, le changement d'enseigne n'a pas changé les pratiques — et les civils, en particulier les communautés peules, continuent d'en payer le prix.
